Education sexuelle : ce qu'il faut retenir des questions des ados

Lors d'une intervention sur le thème “Sexualité, médias et pornographie" auprès de classes de 4e et 3e, les élèves m'ont livré via leurs interrogations des enseignements auxquels je ne m'attendais pas. Récit.

C'est sextra
5 min ⋅ 22/03/2023

J’étais invitée, la semaine dernière, à intervenir sur le thème “Sexualité, médias et pornographie” dans un collège, auprès d’élèves de 4e et 3e”. Habituée à parler de ces sujets en public, je m’adressais pour la première fois à des groupes de cette tranche d’âge (entre 13 ans et 16 ans). Dans un contexte où l’éducation sexuelle reste taboue tout en occupant le devant de la scène médiatique, voici un compte-rendu de mon expérience.

A l’origine était Porn Hub

La demande des personnels et enseignants du collège portait d’abord sur la pornographie. Constatant que leurs élèves consommaient du X gratuit et qu’ils en tiraient des stéréotypes pas franchement souhaitables (domination de l’homme sur la femme, sexualité nécessairement pénétrative, etc.), on me demandait de déconstruire les images et vidéos accessibles en un clic sur des plateformes de type Porn Hub.

Les ados, kings et queens pour faire tomber nos a priori. Photo : Shannon Van Den Heuvel/UnsplashLes ados, kings et queens pour faire tomber nos a priori. Photo : Shannon Van Den Heuvel/Unsplash

Je préparais donc une présentation se découpant comme suit : un cours classique d’une demi-heure avec toute la classe ; une seconde partie en non mixité pour donner une chance de voir émerger des questions personnelles. Au cours de la première partie, j’aborde des questions élémentaires : qu’est-ce que le porno ? Qui l’a inventé ? (Non, ce n’est pas Google.) Quand ? (Non, ce n’est pas en 2000.) Etc.

Le cours a pour objectif de transmettre des informations concrètes et vérifiées à l’ensemble de la classe - dans l’idée que chacun et chacune ait accès aux mêmes informations essentielles. Suite à quoi, avec l’infirmière (géniale), nous divisons la classe en deux groupes non mixes : elle encadrera les filles, moi les garçons.

Je dois avouer que, dans un premier temps, je craignais de me confronter au côté turbulent et bébête des ados mâles. Mais chacun des quatre groupes que j’allais accompagner durant cette journée allait démanteler mes a priori.

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C'est sextra

Par Stéphanie Estournet

Journaliste (ex-”Libération”), formée en sexothérapie, je suis particulièrement sensible à l’exercice des rapports de domination. Voilà pourquoi j’écris sur les sexualités, la représentation des corps, le rapport au “care” et les nouvelles technologies.

Je suis convaincue qu’informer (sur la pornographie, la sexualité, les genres, l’usage des écrans et de l’IA, les rapports bien-traitants au travail et dans les soins, etc.) nous permet d’aborder plus sereinement le monde complexe dans lequel nous vivons.

Fun facts sur ma personne :

  • en parallèle de mes études de sémiologie et lettres modernes, j’ai écrit des épisodes de Un gars, une fille, des questions pour Qui veut gagner des millions?, de fausses lettres pornographiques pour des magazines spécialisés ;

  • j’évite de sortir sans un vêtement ou un accessoire brillant (le glitter, c’est la vie) ;

  • j’ai écrit la première - et unique à ce jour - porno-comédie audio, Plus sexe la vie ;

  • j’ai tenu la rubrique mensuelle “Tour X” dans Le Journal du hard (Canal+) ;

  • je cours régulièrement, mais pas très vite.

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